
Author: Joséphine Bacon
Available to purchase from Mémoire d’encrier
Description de l’œuvre, tiré de Mémoire d’encrier :
Quelque part, une aînée avance. Elle porte en elle Nutshimit, Terre des ancêtres. Une mémoire vive nomadise, épiant la ville, ce lieu indéfini. La parole agrandit le cercle de l’humanité. Joséphine Bacon fixe l’horizon, conte les silences et l’immensité du territoire.
Excerpt 1 from Uiesh quelque part (2018)
Prologue
Aujourd’hui, je suis quelque part dans ma vie.
J’appartiens à la race des aînés. Je veux être poète de tradition orale, parler comme les Anciens, les vrais nomades. Je n’ai pas marché Nutshimit, la terre.
Ils me l’ont racontée. J’ai écouté mes origines. Ils m’ont baptisée d’eau, de lac pur.
Un à un, ils nous quittent. Avec eux, s’en vont les mots de toundra, les courants des rivières et le calme des lacs.
Je me sens héritière de leurs paroles, de leurs récits, de leur nomadisme. Comme eux, j’ai mar- ché la toundra, j’ai honoré le caribou.
Quelque part, une roche sur une grosse roche indique ma présence.
Joséphine Bacon
Excerpt 2 from Uiesh quelque part (2018)
Je n’ai pas la démarche félineJ’ai le dos des femmes ancêtres
Les jambes arquées
De celles qui ont portagé
De celles qui accouchent
En marchant
Apu tapue utshimashkueupaniuian pemuteiani
Anikashkau nishpishkun miam tshiashishkueu
Nuatshikaten
Miam ishkueu ka pakatat
Miam ishkueu ka peshuat auassa pemuteti
Excerpt 3 from Uiesh quelque part (2018)
Quelque part
Dans le Nutshimit
Je suis chez moi
Sans adresse réelle
Ma rue s’appelle chemin de portage
Demain je remonterai la rivière
Retrouver mes bâtons à message
Quelque part
Dans le Nutshimit
Quelque part
La grandeur
De la Terre
Uiesh
Nutshimit
Nitshinat nititan
Apu atshitashunashtet
Anite epian
Nimeshkanam Pakatakan ishinikateu
Uiesh
Nutshimit
Uiesh
Eshpitashkamikat
Assi
Back Cover of Uiesh quelque part (2018)
J’ai tant de plis sur mon visageChacune de mes rides
A vécu ma vie
Aujourd’hui je suis la femme digne
Qui raconte
Quelque part, une aînée avance. Elle porte en elle Nutshimit, Terre des ancêtres. Une mémoire vive nomadise, épiant la ville, ce lieu indéfini. La parole agrandit le cercle de l’humanité. Joséphine Bacon fixe l’horizon, conte les silences et l’immensité du territoire.

